Thierry Arbogast à 3iS Bordeaux

Thierry Arbogast : le directeur photo de Luc Besson à 3iS Bordeaux

Chef opérateur français le plus nominé (8 fois), auréolé de 3 César de la Meilleure Photographie et de 2 Grands Prix Technique au Festival de Cannes, autodidacte mais qui « regrette de ne pas avoir d’école, ça m’aurait fait gagner du temps », … En 2 jours, Thierry Arbogast a su conquérir nos élèves par son professionnalisme, sa limpidité et son humilité.

 

Thierry Arbogast à 3iS Bordeaux

Redécouvrez la présentation et le programme de ces évènements
… et ici son compte-rendu :

 

Jour 1 : la Master class

  • La conférence donnée le vendredi après-midi au Cinéma Le Festival, face à 240 personnes (dont de nombreux professionnels, conscients d’assister là à un moment particulier) a marqué les esprits de nos étudiants en Bachelor Cinéma & Audiovisuel : « son parcours est fabuleux, c’est quelqu’un d’intemporel qui a réussi à faire face aux évolutions technologiques. Il a également su s’adapter à différents grands réalisateurs et styles de films. Cela démontre la maîtrise totale dont il fait preuve. Il est source de motivation, je rêverai d’avoir une carrière comme la sienne ».

Sa relation avec Luc Besson occupa la majeure partie de cette Master Class : « travailler avec Luc est une chance car c’est l’un des cinéastes français les américains que je connaisse. Que ce soit dans sa manière de filmer, son traitement de l’image, l’importance des décors, ou les nombreuses références que comportent ces films. C’est quelqu’un qui m’a toujours fait confiance, ce qui facilite les choses ». Des extraits de Nikita, Léon puis Valérian, lui permirent d’illustrer ses propos : « Léon est pour moi le film le plus parfait de Luc ».

 

Photo & effets spéciaux

Ses préférences techniques furent ensuite au cœur de la discussion (« 70 % de mes films sont en anamorphiques »). Ceci lui permit d’effectuer à plusieurs reprises un parallèle avec sa filmographie : « au moment du film Le 5ème Elément, je m’y connaissais peu en effet spéciaux. J’avais une personne chargée de cela tandis que je me concentrais sur les effets de lumière [ … ] A ce moment-là, en 1997, c’est une période charnière en terme de création, avec notamment des grosses productions comme Titanic. Les choses ont bien évoluées depuis ; notamment avec Valerian dans lequel se côtoient avec fluidité des êtres réels et virtuels [ … ] Dans ce type de films, la lumière et les effets spéciaux se doivent alors d’être en osmose : l’un et l’autre s’influencent et se répondent ».

Jour 2 : le workshop

  • Le lendemain, la lumière était de nouveau au cœur des discutions lors d’un Workshop grandeur réel réservé à nos 3ème Année option « Image ». Le matin fut consacré à créer une lumière du jour la plus naturelle possible, dans un décor spécialement conçu pour l’occasion, implanté dans les studios de TSF.

Pour ce faire, Thierry Arbogast a expliqué de manière chronologique, ses choix d’implantation, en commençant par la source principale placée à l’extérieur du décor (un soleil un peu doré), puis en plaçant des sources à l’intérieur, avec une ambiance directionnelle sur le fauteuil où devait s’asseoir la comédienne, ainsi qu’un autre point lumineux plus diffus, à l’arrière-plan. Les étudiants ont bénéficié d’un cours particulier où le maestro de la lumière a partagé son savoir-faire. Ceci avant de découvrir, pour la première fois, des projecteurs tels que des Chimera light, mais aussi des Space light, et la dernière caméra d’ARRI, l’Alexa SXT, avec une série d’objectifs sphériques et anamorphiques.

 

Thierry Arbogast à 3iS Bordeaux

 

L’après-midi, un deuxième set a été mis en place afin d’apprendre à réaliser des portraits. L’occasion pour Thierry Arbogast d’expliquer le principe de la cross light, avec un fond en dégradé et un drapeau. Les étudiants ont pu y jouer le rôle de modèles et certains ont eu la responsabilité de cadrer sous la direction du chef opérateur, puis de s’essayer au poste d’électro avec ce directeur de la photographie.

 

Mise en pratique

Des projecteurs, un travelling, plusieurs objectifs et des caméras dernier cri avaient été transportés depuis les studios parisiens de TSF Aquitaine pour optimiser la qualité du travail fourni. Tandis qu’un comédienne professionnelle (Bonnie Millat) était de la partie pour capter au mieux l’intensité des différentes sources de lumière utilisées. Le professionnalisme était totalement de mise. Thierry Arbogast démontra aux étudiants, si besoin était, à quel point l’exigence et le souci du détail sont primordiaux pour s’illustrer dans ces métiers de l’image. Sans oublier pour autant la nécessité d’affuter sans cesse son regard et de constamment peaufiner son goût de l’esthétisme.