LENNY - court-métrage réalisé par Camille Béglin

Actu des diplômés : Camille Béglin

Diplômée de 3iS en 2017, Camille Béglin est réalisatrice. Elle répond à nos questions sur son court-métrage de fin d’études « Lenny », qui vient de terminer magistralement sa tournée des festivals avec 37 sélections dans 15 pays.

camille beglinCamille, peux-tu te décrire en quelques mots ?

Réalisatrice, créatrice de contenu et intolérante au lactose.

Comment est née l’idée de  « Lenny » ?

Avec mon co-scénariste Théo Groia, nous avons d’abord imaginé des personnalités : Lenny, une personne transgenre qui ne s’assume pas et Jo, une vieille femme qui s’assume trop. Une fois qu’ils ont pris vie, leur histoire s’est racontée toute seule.

Le plus important, c’était que tout le monde puisse s’identifier à Lenny et l’accompagner dans son parcours : on a tous quelque chose à cacher.

Pour cela il fallait qu’il sonne vrai, qu’il soit plus qu’un personnage. Avec l’acteur principal, Alexis Mahi, nous sommes allés à la rencontre des femmes transgenres de l’ABC, la plus vieille association transgenre de France. Leurs témoignages ont été précieux et très émouvants. Le court-métrage a beaucoup plu aux membres de l’ABC ce qui est, pour moi, la vraie réussite.

Quel souvenir gardes-tu du tournage ?

Le tournage a été une expérience unique ! Une équipe de 30 personnes, du matériel de pointe, des conseils de nos intervenants, c’était la parfaite opportunité pour affirmer une vision créative et la mener à bout. En tant que réalisatrice, il s’agit surtout de maîtriser son stress et de rester fidèle à son projet, malgré les difficultés.

Quand nous avons tourné en forêt, les conditions météo étaient désastreuses : la pluie, l’orage, puis la grêle. On a dû changer de lieu, réinventer le découpage et les déplacements des comédiens.

Il faut apprendre à s’adapter et à faire confiance à son équipe. Ce film m’a d’ailleurs permis de faire de belles rencontres créatives.

Quel bilan dresses-tu à l’issue de la tournée des festivals de ton court-métrage ?

Lenny a été sélectionné dans 33 festivals, a obtenu 6 prix et une mention spéciale – dont le Prix du Jeune Réalisateur au Festival Eurydice (en France) et le Prix du Meilleur Scénario au Festival International de Cinéma de Comédie de Begur (en Espagne). Le film a voyagé dans 15 pays !

Envoyer un film en festival est très long et n’a rien du glamour du tapis rouge. Mais c’est très motivant quand on reçoit des réponses positives !

Pouvoir échanger avec le public des différentes salles a été très enrichissant. Même si je n’ai pas pu accompagner le film dans certains festivals comme au Paraguay ou en Inde, j’espère que le message a fait son chemin.

Comme beaucoup de cinéastes, j’ai commencé par le format court – qui se projette plus souvent dans les festivals que dans la programmation des salles de cinéma et reste assez peu diffusé à la télévision. Être sélectionné dans un festival permet donc de montrer son film, de rencontrer des passionnés du septième art, d’échanger avec eux et de vivre le cinéma sous une de ses formes les plus intense et créative.

Quels sont tes projets ?

Après avoir réalisé deux séries de documentaires sur la Nouvelle-Calédonie et la mer, pour la télévision, je développe mon prochain court-métrage de fiction.

En parallèle, je réalise des clips de musique pour des artistes indépendants.